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| "À partir d’un modeste carnet de comptes rédigé en caractères hébraïques, Liliane Hilaire-Pérez fait surgir tout un pan méconnu de l’histoire économique européenne. Le Livre de poche de Salomon Hyman retrace l’itinéraire singulier d’un marchand juif ashkénaze du XVIIIᵉ siècle, acteur clé des échanges entre la France et l’Angleterre. Entre Londres et Paris, au cœur du marché des biens de consommation des Lumières, se dessine le portrait d’un intermédiaire cosmopolite, révélateur de la place essentielle des Juifs dans l’essor des échanges et des cultures matérielles --- Le livre de Liliane Hilaire-Pérez s’impose d’emblée comme un modèle de recherche, tant par la richesse de ses sources que par l’inventivité de sa méthode. Au centre de l’enquête : Salomon Hyman, marchand juif ashkénaze installé à Londres, dans l’enclave des Minories, et à Paris, rue Beaubourg, spécialisé dans le commerce de quincaillerie entre fabricants anglais et artisans-boutiquiers français, tout en exportant vers l’Angleterre des productions parisiennes d’orfèvrerie et de bijouterie. La découverte de son livre de comptes, tenu durant douze années et intégralement rédigé en caractères hébraïques, constitue le point de départ d’une enquête exceptionnelle. Ce carnet, véritable objet-monde, mêle yiddish, allemand hébraïsé, transcriptions de termes français et anglais : un idiolecte multilexical qui reflète à la fois la mobilité géographique du marchand et son acculturation progressive. À travers cette écriture hybride se lit l’insertion d’un Juif originaire de Franconie dans les circuits économiques qui, à la fin du XVIIIᵉ siècle, structurent et polarisent l’économie européenne. L’ouvrage ne se limite pas à la reconstitution d’une trajectoire individuelle. Il éclaire plus largement la sociologie des Juifs ashkénazes à Paris et à Londres, au moment de leur entrée progressive dans la société d’Ancien Régime. L’autrice met en lumière leur rôle dans le développement des marchés de biens manufacturés et dans la diffusion d’une culture consumériste caractéristique du siècle des Lumières [...]" [La Fondation pour la Mémoire de la Shoah] |
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